J’ai été invité en tant que blogueur par le Gouvernement du Cameroun, le Centre Pasteur du Cameroun, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et leurs partenaires, à la cérémonie d’inauguration du Laboratoire National Polio rénové, le vendredi 12 juin 2026 au Centre Pasteur de Yaoundé. C’était pour moi, une autre occasion de comprendre notre système sanitaire et de voir comment contribuer une fois de plus à sensibiliser les populations pour l’amélioration de leur bien-être.

Comme toujours et à chaque fois que j’assiste à un tel évènement, j’essaye de voir comment ressortir un élément qui est très crucial mais souvent très négligé. Lorsqu’on parle de lutte contre la poliomyélite au Cameroun, plusieurs personnes pensent directement aux équipes de vaccination qui passent dans les ménages, écoles, lieux de culte, etc. pour administrer des gouttes de vaccin à nos enfants afin de les protéger. On oublie qu’avant cette étape, il y a des recherches qui sont menées dans des laboratoires, et qui entrent elles aussi dans la procédure d’éradication de cette maladie à travers une surveillance régulière de notre environnement.
Depuis 1999, année de création du Laboratoire National Polio, les techniciens de cette structure se battent jours et nuits pour tester des milliers d’échantillons qui sont récoltés sur des humains et ou dans l’environnement (cours d’eau, ménages et autres). Il est accrédité pour les diagnostics critiques de la Polio et assure l’analyse des échantillons collectés dans le cadre de la surveillance des paralysies flasques aigues (PFA) et de la surveillance environnementale.

Dans son discours lors de la cérémonie inaugurale, Dr Mirdad KAZANJI, Directeur Général Centre Pasteur du Cameroun a précisé que cette nouvelle structure a été financée à hauteur de 574 000 dollars américains, donc l’équivalent de 327 000 000 de francs CFA par la Fondation Gate, et conçue architecturalement en symbiose avec les ingénieurs de EELS Africa et a aussi été validée par l’OMS Afrique. Il rappelle que :

Ce joyau technologique que vous allez visiter tout à l’heure s’étend désormais sur plus de 400 m2 avec un bâtiment de deux niveaux, composé de 22 espaces spécialisés, cultures cellulaires, traitement des chantiers environnement, Biologie moléculaire, séquençage génomique, Biobanque, ultra sécurisé et équipé d’un système de vidéosurveillance et de contrôle d’accès de dernière génération. Il vise à améliorer la précision des diagnostics et à réduire les délais de résultats, tout en renforçant la surveillance virologique au Cameroun et d’autres pays de la sous-région tel que le Tchad, le Gabon, la Guinée équatoriale et Sao Tomé-et-Principe. Ce projet symbolise également la souveraineté sanitaire du Cameroun et son engagement envers la lutte contre la Polio, tout en étant préparé à répondre à d’autres épidémies.


Dès que les tests de ce laboratoire sont positifs sur un échantillon prélevé dans la nature ou sur un sujet humain, des mesures de riposte immédiate sont prises (Vaccination de masse et autres) car en moyenne 72 heures, un enfant infecté par ce virus peut faire une paralysie. Alors vous voyez que vu le temps, c’est une course contre la montre pour pouvoir détecter et répondre rapidement afin d’éviter que nos enfants ne soient impactés.

Avec le laboratoire National Polio, nous avons la possibilité avec le développement des nouvelles technologies qui permettra de pouvoir générer des résultats locaux et non de dépendre des laboratoires extérieurs, et ceci notamment pour le séquençage. Nous avons également le délai de rendu des résultats qui pourra être raccourci à partir du moment où nous aurons la possibilité de faire les séquençages localement. Le temps de transport qui était long et qui retardait la sortie des résultats va être supprimé. Ce qui va permettre une réaction rapide au niveau du pays en cas d’épidémie. Ce que j’ai aussi retenu de la présentation de Dr ENDEGUE ZANGA Marie-Claire, Cheffe du Laboratoire National de référence pour la poliomyélite du Cameroun.

Dr MAGARAN BAGAYOKO MONZON, Représentant de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Cameroun dans sa prise de parole va à son tour souligner l’importance d’un Laboratoire National de référence pour la détection rapide des virus et le renforcement de la surveillance épidémiologique au Cameroun. Il évoque les défis tels que la circulation du virus à cause des conflits, des changements climatiques et la faible couverture vaccinale, insistant sur la nécessité d’une vaccination systématique, surtout dans les zones vulnérables.
Pour clore son propos, il a souligné que «sans la création de conditions favorables par le Gouvernement camerounais, cette infrastructure n’allait pas voir le jour et contribuer à atteindre l’objectif d’un avenir sans poliovirus».

Présidant la cérémonie au nom du Dr MANAOUDA Malachie, Ministre de la Santé Publique, M. BOUKAl, Inspecteur Général au MINSANTE a aussi souligné le rôle important du Laboratoire National Polio et a appelé à une suite de collaboration des partenaires dans l’initiative mondiale pour l’éradication de la Polio. Il a rassuré que le Gouvernement continuera à soutenir le laboratoire et a recommandé au Directeur Général du Centre Pasteur du Cameroun de veiller à une gestion éthique et rigoureuse du Plateau Technique mis à sa disposition. Il a insisté sur la nécessité de mettre en avant les actions de Santé Publique pour garantir les résultats obtenus, qui serviront d’outil d’aide à la décision pour tous les acteurs concernés










