• Cameroun sous tension climatique •
Entre sécheresse, nuits glaciales et journées brûlantes, l’ONACC sonne l’alerte !

Face à une décade (11–20 décembre 2025) marquée par de fortes amplitudes thermiques, une sécheresse persistante et des risques sanitaires en hausse, l’Observatoire National sur les Changements Climatiques (ONACC) lance un appel pressant : le Cameroun entre dans une zone climatique fragile où vigilance et adaptation deviennent indispensables.

Selon le Bulletin Décadaire N°245 et sa note d’information associée , le pays est engagé dans un cocktail climatique explosif. Journées très chaudes, nuits parfois glaciales, pluies sporadiques et une atmosphère saturée de poussières dans plusieurs régions. Un mélange redoutable qui provoque déjà des impacts visibles sur la santé, l’agriculture, l’élevage et le quotidien des populations.


Des journées brûlantes qui mettent le pays sous pression

Les températures diurnes devraient grimper jusqu’à 35 à 40°C dans de nombreuses localités du Nord, de l’Extrême-Nord, de l’Adamaoua, du Sud et de l’Est. Des zones comme Yagoua, Waza, Rey-Bouba, Tibati, Kongolo ou Mbalam sont particulièrement exposées.

Ces pics de chaleur alimentent :

  • Une forte sédentarisation urbaine, les populations préférant éviter les déplacements sous un soleil accablant.
  • Des îlots de chaleur intenses dans les grandes villes : Yaoundé, Douala, Maroua, Bafoussam, Bamenda, Kribi, Edéa…
  • Des risques accrus de déshydratation et d’hémorragies nasales, notamment chez les enfants et les personnes âgées.

Des nuits glaciales qui surprennent même les hauts plateaux

À l’inverse, certaines localités enregistrent des températures nocturnes descendantes jusqu’à 9°C, particulièrement dans le Nord, l’Extrême-Nord, l’Adamaoua, l’Ouest et le Nord-Ouest.

Les villages comme Kousseri, Waza, Lagdo, Tcholliré, Meiganga, Dota, Dschang, Bali ou Fundong ressentent déjà ce froid sec et mordant.

Ces nuits froides entraînent :

  • Une explosion des cas de grippe, toux et infections pulmonaires.
  • Une aggravation des douleurs articulaires, surtout chez les personnes souffrant de rhumatismes.
  • De lourdes pertes dans l’élevage, les volailles et jeunes animaux étant particulièrement sensibles à l’inconfort thermique.

Des pluies faibles, localisées et insuffisantes

Le bulletin confirme l’effectivité de la grande saison sèche dans le Centre, le Sud et l’Est ; la continuité de la sécheresse dans le Nord et l’Extrême-Nord ; et une installation progressive dans le Littoral et le Sud-Ouest.

Conséquences majeures :

  • Humidité piégée dans les sols, favorisant la pourriture brune dans les cacaoyères.
  • Dégradation des fèves de cacao, notamment dans les zones forestières.
  • Pourrissement de produits agricoles dans plusieurs plantations du Grand Sud.

Dans les zones dépourvues de retenues d’eau (notamment en Extrême-Nord), la ressource en eau devient critique, créant déjà des tensions autour des points d’accès.


Une explosion des risques sanitaires

Le cocktail chaleur + humidité + stagnation d’eau crée un terrain fertile pour :

  • La prolifération des moustiques, vecteurs de paludisme.
  • La contamination des points d’eau dans les zones urbaines (Yaoundé, Douala) suite aux ruissellements pollués.
  • Une hausse des maladies hydriques et respiratoires, notamment chez les enfants de moins de cinq ans.
  • Des cas de conjonctivite, accentués par la poussière omniprésente dans le Nord et l’Extrême-Nord.

Agriculture et élevage sous haute menace

Les éleveurs subissent de plein fouet les conséquences des contrastes thermiques :

  • pertes d’animaux dans la zone soudano-sahélienne ;
  • maladies respiratoires chez les bovins et porcins ;
  • dégradation rapide des récoltes dans les champs humides.

Les agriculteurs sont invités à suivre rigoureusement les orientations de l’ONACC pour limiter les pertes et ajuster leurs calendriers agricoles.


Quatre messages clés de l’ONACC à retenir absolument

1. La chaleur excessive entraînera une forte sédentarisation des populations.
2. L’eau devient rare dans les hautes zones dépourvues de retenues – les tensions pourraient s’aggraver.
3. Les pertes d’animaux vont augmenter dans les zones soudano-sahéliennes et guinéennes.
4. Des conflits liés à l’accès à l’eau sont probables dans le Nord et l’Extrême-Nord.


Recommandations essentielles

Pour les populations :

  • Porter masques et lunettes pour limiter l’exposition à la poussière.
  • Aérer les maisons pour réduire l’accumulation de chaleur.
  • Consommer régulièrement des boissons chaudes la nuit.
  • Éviter l’exposition au vent froid en soirée.

Pour les agriculteurs :
Suivre les recommandations des calendriers agricoles de l’ONACC.

Pour les éleveurs :
Renforcer le chauffage dans les fermes et solliciter un suivi vétérinaire rapproché.


Vigilance et résilience

Ce bulletin N°245 rappelle avec force que le Cameroun traverse une phase climatique instable où chaque région doit affronter ses propres extrêmes : sécheresse sévère, nuits glaciales, journées torrides, pluies insuffisantes et menaces sanitaires diverses.

L’heure est à la vigilance, à l’adaptation et à la prévention. Et plus que jamais, la population doit rester informée.

Découvrez la note d’information ainsi que le Bulletin Decadaire N°245 (du 11 au 20 Décembre 2025) ici :

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