La SOGOC veut une loi en faveur de l’Avortement Médicalisé

À l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale pour le Droit de l’Avortement ce lundi 28 septembre 2026, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Cameroun (SOGOC) revient sur son appel, au nom des femmes et filles qui souffrent en silence, pour une loi en faveur d’un avortement sûr et médicalisé.

La législation camerounaise reconnaît déjà que certaines circonstances exigent de la compassion en matière de l’avortement. L‘article 339 du Code Pénal autorise l’avortement lorsque la grossesse met gravement en péril la vie de la mère ou lorsqu’elle résulte d’un viol. Une femme se trouvant dans une telle situation, devrait pouvoir se rendre dans un établissement de santé et être accompagnée, dans la dignité, tout au long des démarches prévues par la loi.

Atelier de concertation sur la révision du Code Pénal en vue de la domestication de l’article 14 du Protocole de Maputo au Cameroun, avril 2026

Au-delà de ces exceptions, l’avortement reste restreint. L’article 337 prévoit une peine d’emprisonnement de 15 jours à un an, une amende, ou les deux, pour toute femme qui provoque son propre avortement ou y consent, ainsi qu’une peine d’un à cinq ans d’emprisonnement pour quiconque le pratique.

Les pertes en vies humaines liées à cette restriction sont très lourdes. La Pan African Medical Journal estime en 2019, que les avortements clandestins sont responsables de 25% des décès maternels au Cameroun. Derrière ce chiffre se cachent des mères, des filles et des sœurs emportées par des hémorragies et des infections, ou laissées avec des séquelles telles que l’infertilité, la stigmatisation et la peur de poursuites judiciaires.

L’avortement médicalisé est une composante de la Santé et des Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR). Pourtant, le Cameroun ne dispose toujours pas de cadre juridique spécifique en la matière. Ce vide juridique laisse les prestataires de soins dans l’incertitude et prive les femmes de procédures claires pour accéder aux soins déjà autorisés par la loi.

La SOGOC plaide donc pour la promulgation d’une loi globale sur la SDSR et appelle :

-les Législateurs et les décideurs politiques à porter cette responsabilité en adoptant une législation qui protège la santé des femmes et des filles, clarifie les procédures et lève les barrières à l’accès aux soins;

-les prestataires de soins de santé à rendre les services d’avortement médicalisé et légal accessibles à toute femme éligible, avec professionnalisme, empathie et sans discrimination.

Ces Gynécologues et Obstétriciens pensent tout simplement qu’aucune femme ou fille, ne devrait perdre la vie faute d’accès à des soins sûrs et légaux.

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