«La réussite est un état d’esprit mais l’éducation que nous recevons de notre société aujourd’hui, veut nous faire croire que réussir sa vie c’est uniquement vivre à l’étranger. » Auteur inconnu.
Il y a environ deux semaines, j’ai reçu un message sur Facebook Messenger. Venant d’un ami mbenguiste (vivant en occident), il m’a dit qu’il était au pays mais n’avait plus mon numéro car son numéro de mbeng était temporairement bloqué. Nous avons échangé et je lui ai laissé mon numéro de téléphone et sur WhatsApp, nous avons programmé un rendez-vous.
Au jour et à l’heure du rendez-vous, je l’appelle et il me signale qu’il est avec un autre ami et qu’un autre devrait aussi nous rejoindre. Je suis arrivé à Tsinga puisque c’était le lieu du rendez-vous et nous avons commencé les échanges.
«L’Europe ce n’est pas le paradis»
Autour de quelques bières, nous avons engagé des échanges. On s’est rendu compte qu’il ne s’en sortait pas financièrement de l’autre côté mais il ne pouvait non plus revenir vivre au pays à cause des préjugés. Il se plaignait de n’avoir pas encore réalisé certains projets comme le mariage, l’achat d’un terrain et autres, à cause des difficultés qu’il avait, à trouver un bon boulot stable. Mais dans sa manière de voir les choses, « même si c’est chaud comment dehors, il faut serrer le cœur et garder espoir, au lieu de rentrer vivre au bled ». Une idée reçue, que plus de 400 personnes (Membres du Gouvernement, représentants des institution étatiques, organisations internationales, acteurs du secteur privé, société civile, jeunes, Think Tanks, et les médias) ont essayé de trouver des mécanismes de déconstruction lors de la première édition du Dialogue Africain Permanent (DAP) qui s’est tenu au Palais des Congrès de Yaoundé le mardi 28 avril 2026 autour du thème : « Jeunesses et migrations : structurer et financer durablement les systèmes jeunesse africains ».
«On peut réussir sa vie au Mboa»
En participant à cette rencontre de haut niveau placée sous le Haut Patronage du Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (MINJEC), je me suis rappelé des échanges avec notre amis mbenguiste, car nous avons essayé de lui faire comprendre ce soir-là, qu’il pouvait très bien réussir sa vie au Cameroun et en Afrique vue que nous avons encore plusieurs domaines à exploiter.

Aussi, dans sa leçon inaugurale, le Professeur Jean-Emmanuel Pondi, Ecrivain, universitaire et politologue, figure intellectuelle reconnue pour sa lecture fine des dynamiques africaines et des Relations Internationales s’est appesanti sur une approche Afro-Centrée qui montre tout le potentiel des africains et de l’Afrique. Il a rappelé que les jeunes partent souvent parce qu’on leur montre que l’herbe est plus verte ailleurs et ils tombent dans ce piège. Que beaucoup parmi eux sont des personnes extrêmement qualifiées et qu’elles le font généralement parce que les rendements de leurs compétences sont plus élevés ailleurs que sur le continent africain.
Ce que nous devons faire
En Afrique, plus de 60% de la population est âgée de moins de 25 ans et «la mobilité des jeunes peut devenir une ressource stratégique, à condition d’être mieux encadrée» nous le dit Dr Hemes Nkwa, Coordinatrice générale du Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP). Pour elle, et au regard des richesses que nous avons sur place, les africains doivent se déplacer uniquement dans le sens de l’acquisition des compétences ou de trouver des opportunités qui peuvent leur permettre de rentrer innover pour le développement de leurs pays respectifs. Tout ceci doit être bien orienté et encadré.
Il ne s’agit donc plus seulement d’agir pour la jeunesse, mais bien d’agir avec elle, et à partir d’elle. Le message issu de cette journée est clair : le temps des constats est révolu. Nous sommes désormais attendus sur :
-la mise en place de mécanismes de financement durables;
-la structuration effective des systèmes jeunesse;
-et la traduction de nos engagements en actions concrètes.
Le rôle du politique
A la fin des échanges qui ont eu lieu au DAP, on retenir que la classe dirigeante a un rôle capital et central à jouer dans la problématique des migrations car c’est elle qui définit les orientations. C’est aux dirigeants de définir mettre sur pied et d’opérationnaliser des politiques de gouvernances qui suscite des besoins d’appartenance chez les jeunes. «Comment l’Afrique peut-elle se développer quand des millions de ses cerveaux optent pour un départ?» Il faut que les conditions de vie soient améliorées et que l’africain puisse se sentir en sécurité (carrière professionnelle, liberté d’expression, implication de la jeunesse dans la gestion de la cité, soin sanitaire de bonne qualité, eau, électricité, etc.) chez soi.
Rendez-vous en 2027 !!!
Dans son allocution de clôture, Dr Hemes Nkwa, Coordinatrice générale du Conseil International de Dialogue et de Partenariat (CIDP) a annoncé que la deuxième édition du DAP se tiendra au TOGO. L’objectif ici est de faire circuler les idées, de rapprocher les territoires, et de construire une dynamique véritablement africaine, portée par et pour les jeunes africains. Après Yaoundé, le flambeau du dialogue, de la structuration et de l’action se poursuivra au Togo, avec la même exigence : transformer nos engagements en résultats concrets pour la jeunesse du continent.









